Le salut bouddhique est hautement intellectuel. Il consiste à voir ce qui est au lieu de contempler des fantasmagories que nous construisons nous-mêmes. Lorsqu’ils préconisent la culture de la perspicacité, de la vue intense, les Docteurs des doctrines traditionnelles de la transmission orale sont donc en parfait accord avec la doctrine fondamentale du Bouddhisme. Les Maîtres des Écoles de la Tradition orale insistent sur le caractère instantané et essentiellement transitoire de tous les phénomènes. Ils enseignent aussi que les corps qui nous apparaissent comme étant solides sont, en réalité, composés de particules en mouvement. L’apparence de solidité et de durée est due à la rapidité prodigieuse avec laquelle les particules se meuvent.
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Henry Corcos : Le Pacifisme et la Bhagavad Gita
Gandhi traduit non résistance par « non violence », ce qui signifie qu’il convie à souffrir éventuellement la violence SANS LA RENDRE, mais non pas à s’abstenir d’y résister. Car il ne souscrit pas au développement : « si quelqu’un te frappe à la joue droite, présente-lui aussi l’autre », non plus qu’à celui-ci : « si quelqu’un veut te citer en justice pour t’enlever ta tunique, abandonne-lui aussi ton manteau ». Voici quelques extraits (tirés des Lettres à l’Ashram), pour préciser la pensée de Gandhi :
Ahimsa ne signifie pas uniquement ne pas tuer. Himsa signifie causer de la souffrance ou détruire une vie, soit par colère, soit sous l’empire de l’égoïsme, soit avec le désir de faire du mal. S’abstenir d’agir ainsi est ahimsa (Young India, 4 novembre 1926). La non-violence complète est absence totale de mauvais vouloir envers tout ce qui vit. La non-violence, sous sa forme active est bonne volonté pour tout ce qui vit. Elle est amour parfait (Young India, 9 mars 1920).
Michel Random : Le shinto ou la voie des dieux
Le mot « shinto » signifie la voie des dieux, ou « le chemin vers Dieu ». En dernière analyse on pourrait aussi le traduire par « le chemin qui vient de Dieu » ou le « chemin en Dieu ». (Le lien entre shin : Dieu ou les dieux, et to : chemin ou voie, permettant de se lier avec toutes les prépositions en usage dans les langues occidentales.)
Dagpo Rimpoché : Le mental et les facteurs mentaux selon le bouddhisme tibétain
Prenons encore deux malades atteints de la même maladie. Si l’un d’entre eux sait très bien comment penser, son corps sera évidemment affecté par la maladie, mais sans plus. Par contre l’autre qui ignore comment conduire une réflexion favorable, aura en plus de la maladie physique à assumer, à faire face à de l’inquiétude. Elle va se morfondre. Et finalement elle devra agir et supporter beaucoup plus de souffrance que la première malade. Ceci est quelque chose de très aisé à comprendre. C’est l’évidence même et la plupart d’entre nous ont sans doute l’expérience de ce genre de cas qu’ils ont pu rencontrer maintes fois. Ce n’est donc pas quelque chose de terriblement abstrait, compliqué et difficile à comprendre. Tous ces états, le bonheur et le malheur viennent de l’Esprit. Et si l’on parvient à bien se maîtriser, à bien se contrôler, c’est-à-dire à penser correctement, à bien réfléchir, on sera toujours satisfait.
Dagpo Rimpoché : L’état de Bouddha selon le bouddhisme tibétain
Lorsqu’on dit qu’en éliminant et supprimant les souillures qui affectent l’esprit, on devient Bouddha, il faut savoir qu’il y a deux états de Bouddha :
1° La nature conventionnelle (ou provisoire) de l’esprit.
2° La nature ultime de l’esprit.
La nature conventionnelle de l’esprit, c’est sa faculté de compréhension. L’esprit peut saisir les phénomènes, réfléchir, comprendre. La nature ultime de l’esprit sera indépendante des causes et conditions qui produisent l’esprit. Ce sera la VACUITE DE L’ESPRIT.
Dagpo Rimpoché : Le Karma selon le bouddhisme Tibétain
En général tout ce qui est « action » peut être appelé « karma ». Mais quand on parle « d’accumulation du karma », on parle de karma bon ou de mauvais karma. On peut présenter trois divisions ou trois sortes de karma :
— Karma physique, accumulé au moyen du corps.
— Karma oral, accumulé au moyen de la parole.
— Karma mental, accumulé par l’esprit.
Dagpo Rimpoché : Mourir et renaitre selon le bouddhisme tibétain
I1 y a une continuité dans la conscience (NAMSHE). Il faut également savoir ce que l’on entend par « conscience ». Il y a six sortes de consciences, visuelle, auditive, olfactive, gustative, tactile et mentale. Lorsque le corps est séparé de l’esprit, les cinq premières consciences sensorielles vont disparaître seule subsiste la conscience mentale à laquelle les organes sensoriels et les consciences sensorielles vont transmettre leur pouvoir de réapparaître. Il n’y a donc qu’une seule conscience qui se transforme et qui peut se développer pour devenir de plus en plus forte et de plus en plus claire. La conscience a un pouvoir extrêmement fort. Elle est entourée, veillée par de très nombreux obstacles. Mais on peut les supprimer et alors son pouvoir pourra se développer.
Bruno de Jesse : Sophrologie et Bouddhisme
On peut parler de deux modes d’approche, l’approche scientifique, déterminée, moderne, qui dit que s’il y a des choses intéressantes pour nous, on verra ce qu’on pourra en faire, et puis il y a les promeneurs un peu explorateurs qui s’intéressent à l’histoire des communautés religieuses et qui essayent de trouver des matériaux pour de nouvelles psychothérapies. Nous appartenons à cette dernière et nous nous sommes mis à vivre la vie traditionnelle de l’Inde des Ashram, puis au Cambodge, au Vietnam, Hong-Kong, Taiwan et le Japon, compatible autant que possible avec des travaux qui nous permettaient de subvenir à nos besoins matériels.
Dagpo Rimpoché : La réincarnation selon le bouddhisme tibétain
Tout d’abord il faut savoir qu’il y a deux sortes de réincarnations possibles, deux catégories principales : 1° La réincarnation des Aryas ; 2° La réincarnation des individus ordinaires. Qu’est-ce qu’un Arya ? C’est un être qui est complètement affranchi des lois du Karma. Il n’est plus obligé de reprendre naissance dans le Samsara ou cycle des Existences sous l’influence du karma et des passions sans liberté aucune. L’Arya lui, a acquis une certaine liberté par rapport au cycle des existences. Dans le deuxième cas, les individus n’ont pas cette liberté et doivent reprendre naissance sans liberté de choix possible. Ils doivent naître et mourir sans pouvoir agir sur leur propre sort qu’ils ont à subir.
Patrick Lebail : L'illumination selon Mandukya Upanishad et Gaudpada
La pensée d’Extrême-Orient est parallèle à celle d’Orient, mais différente de celle-ci. Elle va plus loin. L’homme n’est pas déchu, mais asservi à la souffrance, au devenir, à la mort. En prendre conscience est déjà un pas vers la libération de la servitude. Si nous sommes asservis, c’est qu’il y a quelque chose qui nous manque, un dérèglement, un facteur de maladie, qui est à corriger. L’homme est malade, il doit se libérer en se réformant, en revenant à l’état d’adulte. Ce diagnostique n’est pas du pessimisme.