Chandan Priyadarshi : Essai 3 : Le Témoin

Ce n’est pas une manœuvre philosophique subtile. C’est le fait le plus ordinaire de l’expérience, si proche et si constant qu’il est presque toujours négligé. À l’instant même, tandis que ces mots sont lus, il y a une conscience de la lecture. Cette conscience n’est pas les mots. Elle n’est pas la compréhension qui se construit. Elle n’est pas le léger mouvement de l’attention lorsqu’une phrase cède la place à la suivante. Elle est ce dans quoi tout cela apparaît.

Krishnamurti : La place du savoir, dialogue avec des lycéens américains

Si vous allez à l’école, au collège, à l’université, là vous acquérez beaucoup de connaissances. Vous les emmagasinez dans le cerveau : les mathématiques, la biologie, la biochimie, peu importe, parce que vous devez obtenir un emploi. Vous devez gagner votre vie. Cela est nécessaire. Et vous transportez ce même concept, cette même procédure, dans la compréhension d’un domaine extraordinairement vaste et immense qu’est la vie. C’est le même processus ; ce qui veut dire que vous allez apprendre de quelqu’un ; de l’Église, du prêtre, du guru, du psychologue, etc. Vous êtes toujours dépendants.

Chandan Priyadarshi : Yoga (योग) : La quête intérieure,

Le Yoga a découvert, au fil des millénaires et à travers des traditions par ailleurs divergentes, c’est que la distance apparente entre celui qui connaît et ce qui est connu est une construction. Non pas une construction au sens où le monde serait imaginaire, mais une construction au sens où la scission sujet-objet, considérée comme fondamentale, ne résiste pas à un examen rigoureux.

Barbara Gates : Vivre, c’est être en relation : entretiens avec Vimala Thakar

Je ne vois aucune différence entre la vie spirituelle, comme vous l’appelez, et l’action sociale. C’est exactement comme l’inspiration et l’expiration, ce ne sont pas deux processus différents. L’inspiration n’aurait aucun sens s’il n’y avait pas d’expiration. De la même manière, quoi que vous apportent les saints et les yogis, qu’allez-vous faire de cette compréhension, sinon la vivre ? Nous naissons dans la société. Les êtres humains ne naissent pas dans l’isolement, mais comme membres d’une communauté, d’un pays. Vivre, c’est être en relation avec tout ce qui nous entoure ; vivre, c’est agir en tant que membres de la société. L’action sociale est une action liée aux besoins de la société et pertinente par rapport aux besoins intérieurs de l’être humain.

Martin Ratte : Au-delà de l’intelligence émotionnelle

Le rapport à vos émotions auquel je vous invite est très simple : je vous propose d’avoir un rapport réel à vos émotions, c’est-à-dire d’éprouver un vécu émotionnel dans lequel votre émotion se révèle réellement. Dans un tel vécu, la pensée n’intervient pas. Plus précisément, aucune pensée ou jugement ne vient s’interposer entre votre esprit et l’émotion. C’est que la pensée est toujours discordante à l’endroit du réel, et nous supposons désormais que cette relation à votre émotion est pleinement réelle — révélatrice de la réalité de votre émotion !

David Bohm : Conversations: 1- Le soi, la société et la proprioception

Le mot proprioception comporte deux parties. « Proprio » signifie « soi » en latin et « ception » est comme perception. Cela signifie donc perception de soi. C’est un terme technique utilisé par ceux qui parlent du corps, de la physiologie, pour décrire le fait que le corps connaît immédiatement son propre être, son propre mouvement ; il peut donc percevoir immédiatement son mouvement sans réfléchir et le distinguer des mouvements qui proviennent de l’extérieur. C’est nécessaire à la survie. Or, l’esprit ne semble pas en être doté. Ainsi, nous pouvons penser à quelque chose et soudainement ressentir une sensation viscérale, mais nous ne voyons pas que c’est la pensée qui a produit cette sensation viscérale…

Robert Powell : Mettre fin à la détresse en se décrochant du limité

La question est donc la suivante : comment défaire les crochets sans en créer de nouveaux au cours du processus ? Aucune action consciente de ma part ne peut être la réponse, car une telle action serait en fin de compte l’œuvre des crochets mêmes qui constituent le problème. Il suffit d’exposer les crochets, qui sont mes chaînes, à la lumière de l’attention, en les faisant passer du passé inconscient au présent conscient. Il est primordial de voir leur nature temporelle ; c’est-à-dire qu’ils sont entrés à un certain moment en se glissant, pour ainsi dire, à travers mon manque d’attention, et qu’ensuite ils se sont constamment renforcés.

Kristen French : À l’intérieur du cerveau de moines ayant médité pendant 15 000 heures

L’hypothèse du « cerveau critique » postule qu’un cerveau sain fonctionne à un point critique où la neurodynamique est suffisamment stable pour traiter l’information de manière fiable, tout en étant assez flexible pour s’adapter rapidement à de nouvelles informations. Ainsi, un cerveau qui fonctionne à un point critique est très efficace. Un système trop ordonné s’adapte mal, tandis qu’un système trop chaotique est dysfonctionnel. Si vous pensez à des personnes sous anesthésie, leur cerveau se trouve dans une phase particulièrement ordonnée. À l’inverse, la dynamique cérébrale de quelqu’un en crise d’épilepsie est beaucoup trop chaotique.

R.P. Kaushik : Méditations et discussions de groupe

Ce penseur, qui est très intelligent, qui veut méditer et se débarrasser des pensées, ne peut pas réussir. La méditation est la fin du penseur, et non l’effort du penseur. Ainsi, dès que le penseur réalise la futilité de son effort, il disparaît. Le penseur n’est rien d’autre que le conflit créé par la pensée, le conflit entre deux pensées, deux souvenirs. Dès que le penseur disparaît, la pensée elle-même entre dans une dimension différente. Alors, s’il vous plaît, ne condamnez pas la pensée à tous les niveaux.

Krishnamurti : Le sens de la mort

Ainsi, l’esprit évite la mort parce qu’il ne sait pas ce qui va se passer ; en gros, il dit : « Je connais la vie ». Aussi pénible, aussi douloureuse, aussi agréable, aussi angoissante, aussi destructrice soit-elle, c’est tout ce que je connais et je m’y accroche. Je ne connais pas l’autre. Je peux spéculer, inventer, rationaliser, avoir des croyances merveilleuses à ce sujet, mais le fait est que je m’accroche à ce que je connais. Ainsi, l’esprit recherche toujours la sécurité dans les relations, dans quelque chose de permanent. L’esprit l’exige toujours, et cette sécurité se trouve dans le domaine du connu, le connu étant le savoir, l’expérience, la mémoire.