David Bohm : Plénitude, Intemporalité et Déploiement du Sens

Lorsque nous pensons aux lois naturelles, l’une des premières choses à dire est que le mot « loi » est très mal choisi, car il donne l’impression que quelqu’un aurait légiféré sur la façon dont les choses sont. Les gens croyaient autrefois qu’elles étaient édictées par Dieu, mais la plupart des scientifiques ne le croient plus aujourd’hui ; alors, quelle est selon eux la source de cette législation ? Dans la philosophie grecque antique, on ne parlait pas de lois, mais d’un ordre régulier qui apparaît dans la nature. Cet ordre régulier, s’il était nécessaire, aurait la même signification que notre mot « loi ».

Adam Jacobs : Avant que cela ne s’appelle un corps

Il ne s’agit pas de redevenir un nourrisson. Il s’agit plutôt de réduire le moi narratif, de dissoudre les frontières corporelles rigides et d’accroître l’immédiateté sensorielle. C’est une énergie libérée de la forme rigide. Ce qui se dissout, ce n’est pas le corps lui-même, mais l’idée du corps comme fixe. Bien entendu, de tels états sont fugaces et n’abolissent pas l’incarnation — mais ils nous rappellent que le corps est bien plus fluide que nous ne l’assumons habituellement. La sensation ne se produit pas simplement dans la conscience — elle est la preuve que la conscience était déjà là. Ce qui rend la sensation présente ne peut lui-même être réduit à la sensation seule.

Peter Himmelman : L’IAG et la question de Dieu

Loin de saper la croyance en Dieu, l’IAG pourrait au contraire l’aiguiser et la renforcer. Elle impose une confrontation avec une vérité inconfortable : sans quelque chose de moralement antérieur à l’intelligence elle-même — quelque chose de transcendant qui rende la vie humaine non négociable —, il n’existe aucune raison cohérente et non arbitraire de préserver l’humanité lorsqu’une alternative plus efficace se présente.

Arthur Haswell : Notre monde est-il fondamentalement un monde de souffrance consciente ?

Dans cet essai remarquablement schopenhauerien, Arthur Haswell soutient qu’un monde où la conscience est fondamentale peut encore être un monde de souffrance, voire de souffrance fondamentale : « Un univers imprégné d’esprit, voire d’intention, se traduit-il nécessairement par un univers bienveillant ou porteur de sens comme nous pourrions le souhaiter, ou déterminé d’une manière qui favorise la joie ? Il est certain que, si la conscience est omniprésente, le problème de la souffrance pourrait bien s’étendre plutôt que s’atténuer », affirme-t-il.

Drew M Dalton : La réalité est maléfique

Une métaphysique qui répond à toute l’ampleur de la révolution thermodynamique doit reconnaître la fonction dissipative et destructrice qui se cache derrière la force « générative » qui semble à l’œuvre dans la réalité. Pour ce faire, il faut passer de la métaphysique classique optimiste du devenir à une métaphysique beaucoup plus pessimiste de la finitude absolue et de l’inéluctable dé-devenir (unbecoming) : une métaphysique qui revoit les êtres comme de simples rouages dissipatifs dans une machine destructrice.

Paul Cudenec : La « guerre scientifique » contre notre liberté

La guerre philosophique avait évidemment un but pratique – son « élévation de la technologie au rang de philosophie » visait à instaurer une société industrialo-impérialiste régentée, assortie d’immenses profits et d’un pouvoir colossal pour une minorité cupide. La pensée scientifique constituait donc également une attaque politique contre le peuple, et plus précisément contre le véritable radicalisme populaire qui avait émergé pendant la guerre civile anglaise, de 1642 à 1651.

Todd Hayen : Pourquoi la science est fondamentalement dénuée de sens

La plupart des humains ne veulent pas vivre comme des animaux. Ils estiment être au-dessus de cela. Peut-être qu’ils l’étaient, quand ils étaient « au-dessus des animaux » dans le Jardin d’Éden, avant de manger cette bonne tarte aux pommes que M. Serpent avait préparée pour eux — venant de l’arbre de la connaissance, rien de moins. N’est-ce pas cela, la « science » ? Ou peut-être est-ce précisément cette chose-là qui leur a donné le sentiment d’être supérieurs aux bêtes qui les entouraient. Quoi que ce fût, ou peu importe comment cela se produisit, ils se mirent ensuite à savoir des choses. La science fut inventée, et nous voilà partis autour du mûrier, attendant que le diable sorte de sa boîte.

Philip Ball : Pourquoi tout dans l’univers devient plus complexe

Ils ont proposé rien de moins qu’une nouvelle loi de la nature, selon laquelle la complexité des entités de l’univers augmente au fil du temps avec une inexorabilité comparable à la deuxième loi de la thermodynamique — la loi qui dicte une augmentation inévitable de l’entropie, une mesure du désordre. S’ils ont raison, la vie complexe et intelligente devrait être répandue.

Dr David Bell : La science peut-elle nous dire le sens de la vie ?

23 décembre 2024 Imaginez un instant qu’il n’y ait rien de valeur dans ce monde, car la valeur n’a aucune signification intrinsèque. Chaque être humain, comme chaque ver ou bactérie, est simplement le produit de réactions chimiques s’étant déroulées sur des millénaires — une masse biologique. Finalement, inévitablement, ils finissent par reproduire certains schémas, car presque […]

Dans l’écoute est la transformation I. Discussion avec Krishanmurti

Je vois ce chaos dans le monde entier, l’incertitude, la confusion la plus totale et le désespoir. Comment l’aborder ? Il est assez clair que je n’ai pas de réponse à ce problème de dégénérescence en moi. J’imagine avoir lu le Vedanta et que la réponse s’y trouve ; j’imagine être marxiste et que la réponse est là-dedans, et que seules quelques modifications du système sont nécessaires. Ces positions fausseraient l’enquête. C’est pourquoi je ne veux rien dire d’autre que ce qui est basé sur des faits observables.