Cynthia Bourgeault : la tradition contemplative chrétienne et la pratique de la prière centrée

Je pense que ce qui a été perdu, c’est avant tout l’intuition selon laquelle Jésus était un maître et un catalyseur de la transformation de la conscience à son époque. Ce qui le passionnait, c’était de montrer aux êtres humains qu’ils étaient prisonniers d’un véritable palais des glaces, caractéristique de l’état de conscience dans lequel nous vivons habituellement, et de les introduire à quelque chose qui porte aujourd’hui différents noms. La mode aujourd’hui est de parler de « conscience non duelle », en empruntant cette expression aux traditions orientales, où elle revêt d’ailleurs un sens légèrement différent. D’autres parlent de « conscience intégrale » pour désigner l’émergence d’une profondeur de conscience permettant de dépasser les limites du système d’exploitation habituel de l’esprit.

George Pattison : La Philosophie de la prière

Les écrits chrétiens sur la prière ont souvent établi une distinction fondamentale entre la prière de demande, d’une part, et la contemplation, d’autre part. Nombre de textes classiques affirment que la demande est la forme la plus élémentaire de la prière, puis que l’on gravit progressivement les échelons jusqu’à parvenir à la contemplation directe de Dieu. Je ne ferais pas une distinction aussi tranchée, car, pour pouvoir demander quoi que ce soit, il faut déjà avoir une certaine compréhension de Dieu, ou de celui à qui l’on s’adresse, comme étant fondamentalement bienveillant à notre égard.

Krishnamurti : Observation et apprentissage : Dialogue avec des étudiants d’une université américaine

Fondamentalement, nous sommes semblables. Vous pouvez avoir la peau blanche, je peux avoir la peau noire, quelqu’un d’autre la peau jaune, et ainsi de suite. Culturellement, nous pouvons être différents. Religieusement, nous pouvons être différents. Mais fondamentalement, nous traversons tous des agonies, des tortures, des incertitudes, du désespoir, un immense sentiment de tristesse ; nous passons tous par cela. Voilà donc ce qui constitue notre communauté fondamentale.

Mark Vernon : Jung au XXIe siècle

Pour cette raison, je suis très intéressé par la manière dont Jung parlait des mandalas. Il y a eu une période où il en réalisait un chaque jour. Vous savez ce qu’est un mandala ? C’est un motif présentant une symétrie quadruple qui est utilisé dans de nombreuses traditions orientales comme outil de contemplation. Au départ, c’était le détail qui préoccupait vraiment Jung, mais il est ensuite arrivé à un point où il a soudainement compris que tout cela n’avait pas réellement autant d’importance que le centre. Ainsi, dans la dernière partie de sa vie, c’est le centre du mandala qui l’attirait. Je ressens que cette attirance vers le centre, et pas seulement vers tous les détails de la structure du motif, est également ce dont nous avons besoin culturellement.

Krishnamurti : La place du savoir, dialogue avec des lycéens américains

Si vous allez à l’école, au collège, à l’université, là vous acquérez beaucoup de connaissances. Vous les emmagasinez dans le cerveau : les mathématiques, la biologie, la biochimie, peu importe, parce que vous devez obtenir un emploi. Vous devez gagner votre vie. Cela est nécessaire. Et vous transportez ce même concept, cette même procédure, dans la compréhension d’un domaine extraordinairement vaste et immense qu’est la vie. C’est le même processus ; ce qui veut dire que vous allez apprendre de quelqu’un ; de l’Église, du prêtre, du guru, du psychologue, etc. Vous êtes toujours dépendants.

Satish Kumar : La paix est possible

L’écologiste et militant évoque son engagement en faveur de la paix et sa conception de celle-ci, qu’il ne considère pas simplement comme l’absence de guerre, mais comme un mode de vie positif et harmonieux comportant trois aspects : la paix avec soi-même, la paix avec la société et, la paix avec la nature

Barbara Gates : Vivre, c’est être en relation : entretiens avec Vimala Thakar

Je ne vois aucune différence entre la vie spirituelle, comme vous l’appelez, et l’action sociale. C’est exactement comme l’inspiration et l’expiration, ce ne sont pas deux processus différents. L’inspiration n’aurait aucun sens s’il n’y avait pas d’expiration. De la même manière, quoi que vous apportent les saints et les yogis, qu’allez-vous faire de cette compréhension, sinon la vivre ? Nous naissons dans la société. Les êtres humains ne naissent pas dans l’isolement, mais comme membres d’une communauté, d’un pays. Vivre, c’est être en relation avec tout ce qui nous entoure ; vivre, c’est agir en tant que membres de la société. L’action sociale est une action liée aux besoins de la société et pertinente par rapport aux besoins intérieurs de l’être humain.

John Horgan : Un explorateur du cerveau repense la conscience

J’ai proposé de considérer le rôle de l’amygdale face au danger non pas comme celui d’un centre de la peur, mais plutôt comme le produit d’un circuit de survie défensif, en réservant le terme d’état mental « peur » à l’expérience consciente. Je m’attendais à ce que la partie consciente soit rejetée ou ignorée, car de nombreux chercheurs sur l’amygdale avaient été formés par des mentors issus de la tradition behavioriste. Mais je ne m’attendais pas à un rejet de la terminologie du circuit de survie défensif, puisque les termes « défense » et « peur » étaient utilisés de manière interchangeable pour décrire les comportements conditionnés par l’amygdale. Cela semblait être un moyen d’être clair, mais ce ne fut pas le cas.

David Bohm : Conversations : 2 - L’Imagination, le Temps et l’Être

Vous faites référence à trois niveaux ou aspects de l’imagination — primaire, secondaire et tertiaire. Vous suggérez que l’imagination primaire, plutôt que d’être un produit de la conscience, est en fait l’émergence ou la manifestation de la conscience elle-même. Et la secondaire est liée à l’insight. L’imagination tertiaire s’apparente au fantasme, ou à la fantaisie.

Suzanne Simard : L’échafaudage de la vie

La forêt est un système intelligent. Elle possède en elle les connaissances génétiques nécessaires pour se régénérer et rester en bonne santé à l’avenir. Et je pense que nous devons y prêter attention. Nous devons écouter la forêt.