Dean Radin : L’esprit et la matière enchevêtrés

Ceux d’entre nous qui sont impliqués dans les traditions spirituelles supposent déjà, ou du moins soupçonnent que la conscience est fondamentale d’une certaine manière, mais nous devons le démontrer d’une manière qui puisse convaincre les scientifiques. C’est l’objectif. Nous espérons que ce que nous faisons intéressera non seulement le grand public, toujours fasciné par ces sujets, mais aussi le monde scientifique, afin que nous puissions changer le tabou qui empêche même de discuter ces idées dans le courant dominant

Zack Savitsky : La perspective radicale de Carlo Rovelli sur la réalité

Nous devons renoncer à l’idée qu’il existe des choses matérielles que nous décrivons depuis l’extérieur. La meilleure façon de conceptualiser la réalité à la lumière de la science moderne est en termes d’informations relatives que les éléments de la nature possèdent les uns sur les autres. Nous ne pouvons que dire comment le monde apparaît depuis notre perspective limitée et biaisée. C’est très radical, car on ne peut plus dire : « Voici la liste des choses dans le monde, et voici ce qu’elles sont ». Nous devons vivre avec cette absence de description totale de la réalité.

Bernardo Kastrup : L’esprit domine la matière

Mais si nous absorbons et intériorisons l’idée que la matière n’est qu’une apparence, alors, soudain, le monde physique tout entier devient comme un livre à lire, car il est l’indication, le signe, de quelque chose qui se trouve derrière lui. Cela signifie que la dimension du mystère est retrouvée et que le sens de la vie revient : quelle que soit la souffrance que nous éprouvons dans notre vie, elle a un sens, car nous savons que nous sommes les yeux à travers lesquels la nature se regarde et s’expérimente elle-même. Nous apportons une contribution, que nous en soyons conscients ou non, que nous essayions de le faire ou non. Ce sont là des choses importantes.

Michelle Bompois-Meaux : La prière, entretien avec Regina Sara Ryan

J’ai foi en la réalité d’autres plans d’existence et dans le fait qu’ils communiquent avec nous. Je leur lance alors un appel. Car ils écoutent et leur présence a un impact sur le monde des humains. Plusieurs fois dans ma vie j’ai eu nettement l’impression qu’il existait une force, une guidance d’une force supérieure. Je ne peux pas le prouver, mais n’oublions pas non plus que, pendant des milliers et des milliers d’années, les êtres humains ont invoqué des mondes plus élevés que le plan terrestre, des mondes invisibles et pourtant inhérents au monde visible. Je ne peux pas prétendre que cela n’existe pas simplement parce que je ne le vois pas. J’ai foi dans le processus d’évolution de l’humanité, il y a plus que ce que nous voyons et touchons immédiatement.

Ray Grasse : Cosmos et psyché : entretien avec Richard Tarnas

Je crois qu’une compréhension de l’astrologie comme archétypale plutôt que littéralement prédictive est à la fois plus fidèle à la réalité de l’astrologie et plus libératrice dans son soutien à l’autonomie humaine. Elle soutient la capacité évolutive de l’être humain individuel, avec son libre arbitre et sa conscience réfléchie, à manifester la plus haute potentialité d’un complexe archétypal donné, plutôt que d’en être simplement la marionnette. La beauté de la perspective astrologique et le cadeau qu’elle représente résident dans le fait qu’elle nous donne la capacité de savoir quelles énergies sont en configuration à un moment donné ; cela nous donne une plus grande liberté pour exprimer ces énergies et les incarner d’une manière plus intelligente et plus enrichissante, plutôt que de simplement réagir ou « jouer » le complexe archétypal d’une manière prédéterminée ou fataliste.

Brian Fang : Pourquoi les mathématiques fonctionnent : la connexion entre l’esprit et la réalité

Brian Fang examine les nombreux cas où les mathématiques, développées sans motivation empirique, se sont révélées décrire précisément les schémas physiques de la nature. Pourquoi des primates évolués pour chasser et cueillir auraient-ils développé la capacité cognitive de dévoiler la structure mathématique sous-jacente du cosmos ? Il soutient que la réponse la plus plausible est que la nature est elle-même l’expression de structures de type mental également présentes directement dans l’intellect humain. L’introspection mathématique est donc une exploration des paysages mentaux sous-jacents du cosmos dans son ensemble.

Krishnamurti : La transformation radicale

Maintenant, est-il possible d’observer notre conscience, non à deux niveaux disjoints, mais totalement ? Est-ce que je peux observer ma conscience, non pas comme l’inconscient et le conscient, mais comme une totale unité, indivise, une chose qui est intrinsèquement complète ? Est-il possible d’observer ainsi ? Ce n’est possible que lorsque je comprends très clairement que cette division est artificielle — peut-être est-elle commode et peut-être permet-elle d’expliquer certaines activités névrotiques — mais, en réalité, elle est totalement créée par l’homme, par la pensée.

Kevin Bass : L’absence de témoignages de courage moral dans la spiritualité moderne : comment nous méditons paisiblement sur nos tapis de yoga pendant que Rome brûle

La passion des sages et des saints a beaucoup en commun avec la méchanceté, ce qui rejoint la discussion sur Batman et le Joker. L’histoire des origines de Batman est celle d’un traumatisme, qu’il a sublimé de manière éthique pour devenir Batman. Le Joker a eu les mêmes origines, mais il a extériorisé sa douleur et est devenu un méchant dérangé. Batman et le Joker étaient tous deux des hommes d’une grande passion, cette passion prenant une forme différente : l’un héroïque, l’autre maléfique.

Richard W. Stevens : Un neurochirurgien montre pourquoi l’IA ne pourra jamais devenir humaine

L’esprit humain n’a pas besoin d’un cerveau entier. Les fonctions mentales supérieures ne sont pas clairement cartographiées dans le cerveau. Un cerveau divisé ne crée pas deux personnalités. Les jumeaux qui partagent leur corps et leur tissu cérébral sont deux personnes distinctes. La stimulation cérébrale et les crises d’épilepsie ne font pas de mathématiques. Les expériences de mort imminente confirment que l’esprit et la personnalité uniques survivent malgré un cerveau en état de mort cérébrale.

Temps, mythe et matière. Entretien avec LD Deutsch

Si l’on regarde l’histoire de l’Occident, nous avons toujours utilisé les technologies les plus avancées pour décrire le cerveau et l’univers. Au XIVe siècle, l’univers était décrit comme une grande horlogerie. Si l’on se penche sur le modèle psychique de Freud, on constate qu’il est fortement influencé par la machine à vapeur. C’est un modèle hydraulique. On appuie sur quelque chose, et autre chose remonte. Les axones du cerveau ont été modélisés d’après les fils téléphoniques. Les fils téléphoniques sont apparus en premier et les neuroscientifiques se sont demandé si cela pouvait fonctionner de la même manière. Et c’est ainsi que cela fonctionnait. Dans les années 1980, David Bohm et Karl Pribram ont proposé le modèle holographique. Et aujourd’hui, bien sûr, nous vivons dans un ordinateur et le cerveau est un ordinateur. Il y a donc un aspect herméneutique dans notre façon de concevoir la réalité.