Coup d’œil sur les écoles philosophiques tibétaines de la « Transmission orale » dites des « Doctrines secrètes » par A. David-Neel

Le salut bouddhique est hautement intellectuel. Il consiste à voir ce qui est au lieu de contempler des fantasmagories que nous construisons nous-mêmes. Lorsqu’ils préconisent la culture de la perspicacité, de la vue intense, les Docteurs des doctrines traditionnelles de la transmission orale sont donc en parfait accord avec la doctrine fondamentale du Bouddhisme. Les Maîtres des Écoles de la Tradition orale insistent sur le caractère instantané et essentiellement transitoire de tous les phénomènes. Ils enseignent aussi que les corps qui nous apparaissent comme étant solides sont, en réalité, composés de particules en mouvement. L’apparence de solidité et de durée est due à la rapidité prodigieuse avec laquelle les particules se meuvent.

Krishnamurti, L’homme et sa pensée par René Fouéré

En dépit de tous ses efforts vers une condition immuable, l’individu s’interroge avec angoisse. Cette chose immortelle qu’il désire, est-ce sa conscience banale ? Hélas ! Si fortement qu’il la veuille corseter, elle n’est que fluctuations. De plus le sommeil, la syncope lui imposent des éclipses évidentes. Il va chercher quelque chose d’invariable au-delà de ces mouvements incessants et de ces interruptions. Alors il imagine — ou plutôt on imagine pour lui — un noyau permanent et abstrait, une âme substantielle, dont la conscience vulgaire est l’expression intermittente. Et, avec l’âme, voici Dieu et ses interprètes infaillibles, les crédos et l’exploitation religieuse; tout cela est entretenu par la soif de l’immortalité individuelle. Voici la foi et la haine du doute, du doute qui crée le sentiment que le moi est un assemblage mal fait, incohérent et précaire. L’individu mécanisé s’endort dans son rêve de survie statique et de permanence…

La conscience, éducatrice de la croissance psychologique de l’enfant et inspiratrice de l’évolution de l’adulte, Rôle du Maître et de la Société par le Docteur Thérèse Brosse

L’approche « dualiste » psychosomatique de la constitution humaine telle qu’elle est pratiquée en Occident a conduit la science de l’Homme dans une impasse qui ne saurait être transcendée que par la reconnaissance d’une structure « trinitaire » dont le niveau supérieur, intégrant et mobile déroulera son activité organisatrice, au cours des millénaires en vue de l’ultime évolution. Le problème humain se trouvera ainsi posé en termes de niveaux énergétiques et résolu en termes de fonctions. Ce niveau supérieur, l’Inde nous le propose : la CONSCIENCE en tant que « pouvoir » et « réalité autonome ». « Vous êtes CELA », nous est-il affirmé. Aujourd’hui, la science dans ses développements les plus récents nous le confirme et, comme il se doit, la science microphysique puisque c’est à l’énergie que nous sommes confrontés.

Le corps Subtil par swami Hridayananda Sarasvati

Le rêve est la seule chose qui puisse expliquer le point de vue du Védanta, car on ne peut pas accepter quoique ce soit qui ne satisfasse pas en une certaine mesure votre intelligence et votre raison. Selon le Védanta il n’y a ni création, ni dissolution, tout cela n’est qu’illusion. Illusion veut dire que les aspects extérieurs que l’on croit être la Création, ne sont qu’illusion. Ce n’est pas comme la corne d’une vache, une vache n’a pas de corne. Donc si l’on parle de la corne d’une vache c’est sans fondement. C’est dans les Écritures, dans le récit de la femme stérile. Tout ce que nous considérons comme irréel contient du réel, un peu de réel en soi. C’est pourquoi on dit que Maya ne peut pas être considérée comme réelle ou irréelle, parce qu’il y a de la réalité dans l’irréel. En effet, rien dans l’Univers ne peut exister par lui-même s’il n’a pas le Réel comme substratum.

De quelques mystères de l’espace intérieur: l’énigme des rêves lucides par Aimé Michel

La science ne saurait nous dire ni pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien, ni pourquoi il existe un « je » qui pense. Mais sur ce « je » qui pense, elle rend notre interrogation encore plus obsédante et brûlante : en effet, tout son système d’explication, dont on sait la formidable puissance, s’arrête au seuil de la conscience. Comme le remarquait Lord Adrian, « nous expliquons tout sans la conscience, nous n’avons pas besoin d’elle ». Même le neurophysiologiste qui étudie la douleur traduit tout ce qu’il voit en observations et mesures objectives : de son tableau final, où tout sera peut-être « expliqué », la douleur en tant que fait vécu sera elle-même évacuée.

Le grand dessein ou une nouvelle vision de l’Homme dans l’univers par Aimé Michel

Laissons de côté le verbe « être », qui n’existe pas dans certaines langues pourtant hautement philosophiques (toutes les langues sémitiques, sauf erreur) et qui a inspiré une immense littérature dans d’autres (l’allemande, la grecque, toutes les langues indo-européennes). Tenons-nous-en à « toujours ». Dire par exemple de quelqu’un qu’il est « toujours » distrait, cela sous-entend qu’il le sera jusqu’à sa mort. Là, le sens est clair. Mais c’est un « toujours » limité à la vie d’un homme. Je constate simplement qu’il n’existe rien au monde dont on puisse dire « toujours » sans une limitation de cette sorte. Il n’existe rien au monde qui ne passe et disparaisse. Personne ne peut citer un objet quelconque à quoi l’on puisse appliquer le mot « toujours ». Il n’y en a tout simplement pas.

Enseignements 5 : Le mental par Swami Hridayananda Sarasvati

Ce qu’on appelle le mental individuel n’est en fait pas individuel du tout. Aucun d’entre nous a un esprit séparé, toutes nos facultés pensantes sont reliées les unes aux autres. Mais comme chacun ressent des sentiments, des émotions, des désirs différents, etc…, les vibrations de chacun n’étant pas semblables, elles créent des tourbillons différents. Si bien qu’on a l’impression que ces tourbillons n’ont rien de commun, de la même façon que lorsque vous voyez des tourbillons dans l’eau, vous avez l’impression que chacun est différent, mais en même temps il vous est impossible d’en prendre un en le séparant des autres. C’est l’eau elle-même qui est devenue tourbillon et il y a continuité de l’eau. Cependant, bien qu’il y ait continuité de l’eau, il nous est possible de compter les tourbillons comme s’ils étaient séparés.

La gnose de Princeton ou la Science remise à l’endroit par Aimé Michel

Ainsi, disent les gnostiques de Ruyer, la connaissance par participation « à l’endroit » s’exalte dans des domaines de plus en plus vastes à mesure que le cheminement de l’évolution crée l’organisation de plus en plus complexe où ces domaines se développent. Ici se place l’expérience mystique, dont les gnostiques donnent la première interprétation, conciliant à la fois les affirmations réitérées de ceux qui la vivent et les données de la science. Pourquoi les mystiques s’effaroucheraient-ils que l’on donne de leur expérience une explication psychologique, voire biologique, puisque les faits de la biologie et de la psychologie recelèrent le grand dessein ? Si le mystique saisit parfois en lui-même ce grand dessein, il s’agit bel et bien, comme il l’affirme, du divin. Il participe bel et bien à la pensée qui, conformément à la thèse centrale de toute gnose, préexiste à tout ce qui est et que les religions appellent Dieu.

Vie ou mort par Dr Swami Shankardevananda Saravasti

La mort est une nécessité biologique, mais qu’est-ce que la mort? Si un loup affamé tue et dévore un de ses congénères, celui-ci est absorbé par la communauté. Le loup est-il mort ou bien survit-il dans ses semblables? Lorsqu’un corps meurt et subit l’invasion des bactéries vivantes, peut-on le dire mort? Quand une bactérie se divise en deux cellules identiques à elle, est-elle vivante ou s’est-elle immortalisée en elles? Quand on transplante un cœur vivant, ou peut-être éventuellement un cerveau, une partie du donneur ne survit-elle pas dans le receveur ? Après une greffe du cerveau qui se réveillerait? Voilà les questions scientifiques, philosophiques, légales et morales qui se posent aujourd’hui pour définir la mort… et la vie.

Enseignements 2 : Questions/Réponses par Swami Hridayananda Sarasvati

Pensons maintenant que le film est une réalité et tout changement qui se produit nous apparaît comme la réalité. Tous ces changements ne sont qu’à un niveau tout à fait superficiel, la réalité en vous ne change jamais, Il est éternel, il est immuable, il est permanent. Et c’est parce que vous pensez que vous êtes impliqué dans les changements que cela vous affecte Donc si vous êtres sans cesse conscients que vous êtes cette Conscience immuable, parfaite, absolue, éternelle, vous considérez tous les événements comme une pièce de théâtre, comme un film. Shakespeare a écrit que le monde entier était une scène de théâtre et que nous en étions les acteurs. Seulement il faut que nous jouions notre rôle parfaitement. Si nous ne jouons pas notre rôle correctement, exactement comme dans une pièce de théâtre, il y aura confusion. C’est cela la vie spirituelle. Comprendre la valeur réelle de toutes choses et faire réagir notre esprit correctement