La pensée scientifique conventionnelle considère les expériences comme un moyen d’interroger une réalité objective indépendante de l’observateur. Lorsque les scientifiques réalisent des expériences pour mesurer la vitesse de la lumière ou la masse du proton, ils pensent mesurer une quantité fixe, universelle et invariante dans le temps, qui ne changera pas à la suite de l’expérience. Mais que se passerait-il s’il existait des phénomènes qui ne sont pas encore « rangés » en constantes objectives ? Que se passerait-il si les expériences ne se contentaient pas de les mesurer, mais pouvaient les pousser vers un état ou un autre, non seulement localement, mais universellement ? Plus largement, que se passerait-il si les expériences que nous choisissons de mener, ainsi que l’intention et la manière dont nous les menons, pouvaient altérer la réalité ?
Charles Eisenstein : Le blindage ontologique dans la recherche sur les nouveaux paradigmes