Brentyn J Ramm : Pour vivre un éveil de type zen, essayez la voie sans tête

Notre véritable nature est donc semblable à un vide. Elle est dépourvue de toute qualité objective. Elle est sans forme, sans couleur, illimitée, immobile. Comment alors voir exactement sa propre véritable nature, si elle est ainsi dépouillée de toute caractéristique discernable ? La méthode traditionnelle consiste à s’asseoir pendant de nombreuses années dans une pratique intense de méditation sous la guidance d’un enseignant expérimenté. Malheureusement, la plupart des pratiquants ne font jamais l’expérience du « vide ». Il existe cependant dans le zen une tradition d’éveil spontané, même en l’absence de toute pratique de méditation. Cela suggère qu’il existe un moyen bien plus rapide et direct de s’éveiller.

Stephen Jarosek : L’association comme causalité : le tissu du sens et de l’existence même

Cet essai propose l’association comme principe fondamental unissant la physique, la biologie et l’esprit. Plutôt que de traiter la causalité comme un processus ascendant (des parties vers le tout) ou descendant (du tout vers les parties), Jarosek suggère que la cohérence émerge à travers l’acte relationnel de l’association lui-même. De la mécanique quantique relationnelle de Carlo Rovelli, où les particules n’acquièrent des propriétés qu’en interaction, aux découvertes de Michael Levin sur l’intelligence cellulaire, en passant par la sémiotique triadique de Charles Sanders Peirce, les preuves convergent vers l’association comme réalité irréductible. Elle peut être vue comme le tissu conjonctif du réel : le principe par lequel le potentiel devient forme, et la forme devient sens.

David Bohm : Conversations : 2 - L’Imagination, le Temps et l’Être

Vous faites référence à trois niveaux ou aspects de l’imagination — primaire, secondaire et tertiaire. Vous suggérez que l’imagination primaire, plutôt que d’être un produit de la conscience, est en fait l’émergence ou la manifestation de la conscience elle-même. Et la secondaire est liée à l’insight. L’imagination tertiaire s’apparente au fantasme, ou à la fantaisie.

Suzanne Simard : L’échafaudage de la vie

La forêt est un système intelligent. Elle possède en elle les connaissances génétiques nécessaires pour se régénérer et rester en bonne santé à l’avenir. Et je pense que nous devons y prêter attention. Nous devons écouter la forêt.

Richard Smoley : Le spectre de la conscience. Entretien avec Ken Wilber

Chaque psychologue, sans le savoir, sélectionnait une intelligence multiple particulière et étudiait le développement de cette intelligence. Abraham Maslow choisit une hiérarchie des besoins comme ligne de développement. Jean Piaget choisit une ligne de développement cognitive. Lawrence Kohlberg choisit une ligne de développement morale. Jane Loevinger étudia le développement du moi. Chaque chercheur majeur sélectionnait un type particulier d’intelligence, étudiait les étapes de croissance qu’il traversait et constatait que tout le monde passait par ces étapes. S’ils continuaient à grandir et à se développer, ils passaient par environ huit niveaux principaux.

Stuart Kauffman : L’émergence n’est pas de l’ingénierie

Il n’existe pas d’assureur ultime de l’ensemble du futur. Cela ne signifie pas le chaos. Cela signifie quelque chose de plus troublant : l’ordre existe, mais il est en partie construit. Par conséquent, nous sommes des participants plutôt que des spectateurs, des cocréateurs plutôt que des contrôleurs.

H. C. J. Stolting : L’exclusion systématique et l’origine du mal

Harry Stolting soutient que, tandis que la nature exclut automatiquement tout ce qui est non durable au sein de sa propre dynamique naturelle, l’esprit humain peut créer et entretenir en son sein des idées inadaptées qui, si elles étaient mises à l’épreuve dans la nature, seraient rapidement éliminées. Cela engendre un décalage entre nos concepts intérieurs et la réalité à laquelle nous pensons pouvoir les appliquer. Cette fracture entre la nature et nos modèles mentaux, soutient Stolting, n’est pas seulement l’origine du mal, mais aussi de nombreux autres maux.

Mark Vernon : La vision enchantée

Ce mouvement s’opère en deux étapes : une première que l’on peut qualifier d’ascendante (bottom-up) et une seconde, descendante (top-down). L’élément ascendant découle de l’image révisée du monde vivant qui a émergé ces dernières années. Cette nouvelle manière de penser a abandonné la vision réductrice de la vie, caractérisée par Richard Dawkins comme guidée par des gènes égoïstes, pour reconnaître que des processus coopératifs, holistiques et interdépendants opèrent à tous les niveaux du vivant et entre eux, des protéines et des gènes à l’organisme dans son ensemble — et au-delà, y compris les interactions écologiques avec ce que l’on appelle l’environnement extérieur.

Shreya Ishita : La rébellion de l’ordre : pourquoi votre existence défie les lois cosmiques

Ishita soutient que la vie, qui peut en un sens être considérée comme une « violation » locale de la deuxième loi de la thermodynamique — la tendance universelle au désordre —, trahit la présence d’une « directive première » universelle orientée vers la connaissance consciente de soi. Pour développer son argumentation, elle rassemble les idées de Thomas Campbell, Donald Hoffman et Federico Faggin, d’une manière qui met en évidence leur surprenante complémentarité. Selon Ishita, le deuxième principe de la thermodynamique n’est que le contexte nécessaire qui délimite le premier plan de la conscience de soi.