Susunaga Weeraperuma : Hommage à Yogaswami

Même de son vivant, Yogaswâmi avait une réputation considérable, à Ceylan et dans l’Inde, en tant que sage vraiment parvenu à l’illumination spirituelle. Ses dévots ont été naturellement enclins à exagérer ses réalisations spirituelles. Il avait été salué comme le plus grand voyant que le monde ait connu depuis Shankara. Il y avait des sceptiques qui le mettaient à l’écart, comme n’étant qu’un autre yogi ayant des pouvoirs psychiques. Mais, même ceux qui se demandaient s’il avait été fondamentalement transformé dans le sens spirituel, admettaient cependant volontiers qu’il avait d’extraordinaires pouvoirs psychiques. Yogaswâmi avait la réputation d’avoir possédé des dons remarquables de seconde vue. On savait qu’il pouvait aussi disparaître d’un endroit et reparaître à plusieurs endroits en même temps.

Roger Godel : Entretien: Le corps comme image

Que le corps soit une image mentale, c’est une évidence que nous avons à tout instant, et que, pourtant, nous manquons de réaliser, nous manquons de reconnaître, pourquoi ? parce que, de notre corps, nous avons une expérience par le toucher, une expérience par la vue, une expérience par la douleur que nous lui attribuons — les douleurs dont nous prétendons du moins qu’il est l’origine —, et il est pour nous une constante sollicitation, de telle sorte que cet ensemble — cette imagerie, pouvons-nous dire, cette construction de l’esprit — nous revêt comme s’il était attaché à nous par des liens indissolubles.

René Fouéré : Entretien avec René Fouéré (1986)

Il y a des gens qui sont arrivés à cette conscience presque accidentellement. Parce que si l’on cherche à s’y entraîner par des voies techniques, on ne l’atteint jamais. Car cette conscience n’a pas de caractère technique. C’est justement – et au contraire – lorsque l’on perçoit la stupidité de tout ce que l’on fait dans le processus du moi que, tout à coup, un autre état apparaît.

René Fouéré : Sur les rapports entre le Temps et l'Espace

Dire que le temps est la quatrième dimension de l’espace, ce n’est rien dire d’autre sinon ceci: le temps peut être mesuré, repéré sur un axe qui concourt avec les trois axes de coordonnées servant communément de référentiel spatial. Cela ne signifie à aucun degré que le temps soit homogène à l’espace. On peut concevoir un solide tétradimensionnel dont les coupes successives, passant par les points d’une certaine droite, dite axe des temps, fourniront l’image des événements qui peuplent la durée du monde.

René Fouéré : René Fouéré à Beauquinès (Entretiens enregistrés)

Je serais tenté de dire que de vraies relations humaines ne pourraient être établies qu’entre des libérés. Je n’ai pas la prétention d’appartenir à cette catégorie. On disait autrefois qu’en dehors des héros il y avaient les braves gens. En dehors des libérés il y a les gens de bonne volonté. Je suis un homme de bonne volonté devant vous. J’essaie de comprendre le point de vue des autres autant qu’il m’est possible. Nous essayons de nous défaire de tous les conditionnements que nous avons subis depuis notre naissance.

René Fouéré : Sur le Bonheur et la Communication

Le bonheur dont parle Krishnamurti est un bonheur qui, ne dépendant d’aucune condition particulière, est au delà de toute condition, la mort y comprise. L’absence du moi n’est pas simplement tranquillisante, elle ne marque pas seulement la fin de tous les conflits que ce moi engendrait, elle marque l’entrée dans l’inconnu, l’avènement d’une présence réelle et indicible.

René Fouéré : De l'évolution formelle à l'évolution réelle 1964

Peut-on comprendre qu’en s’obligeant à penser et à agir de manière à se sentir toujours davantage quelque chose, de manière à devenir toujours plus conscient de mériter une qualification, une définition précises, et d’assumer une forme particulière, on en vienne finalement à se sentir « comme rien », à se trouver néantisé dans un océan de bonheur ?

René Fouéré : De l'évolution formelle à l'évolution réelle

Depuis que l’homme est sur cette planète, et depuis qu’on tente de le perfectionner, on lui a présenté un certain nombre de modèles. On lui a dit : « Vous êtes très imparfait, vous êtes pourri de défauts, il vous faut essayer de ressembler à telles personnes, à tels modèles, nous allons vous brosser un tableau de ce que vous devriez être pour être un homme « bien ». C’est ce que vous devez essayer de devenir ».

René Fouéré : Contrainte et Liberté

Aux philosophes qui ne juraient que par la liberté, des penseurs avaient déjà fait jadis une grave et paradoxale objection. « Sans déterminisme, avaient-ils dit, aucune liberté n’est possible ». Rien de moins contestable. La liberté, c’est toujours, en définitive, la liberté d’accomplir un acte. Une liberté qui ne se traduirait pas dans les faits serait une liberté de rêve, un fantôme sans consistance.