Je pense que ce qui a été perdu, c’est avant tout l’intuition selon laquelle Jésus était un maître et un catalyseur de la transformation de la conscience à son époque. Ce qui le passionnait, c’était de montrer aux êtres humains qu’ils étaient prisonniers d’un véritable palais des glaces, caractéristique de l’état de conscience dans lequel nous vivons habituellement, et de les introduire à quelque chose qui porte aujourd’hui différents noms. La mode aujourd’hui est de parler de « conscience non duelle », en empruntant cette expression aux traditions orientales, où elle revêt d’ailleurs un sens légèrement différent. D’autres parlent de « conscience intégrale » pour désigner l’émergence d’une profondeur de conscience permettant de dépasser les limites du système d’exploitation habituel de l’esprit.
Cynthia Bourgeault : la tradition contemplative chrétienne et la pratique de la prière centrée