Jean Klein : Écoutez sans interpréter

En tout cas, dans l’enseignement qui vous est ici transmis, les mots sont seulement une image, écoutez-les sans les inter­préter, afin de sentir ce qui est derrière, ce qui passe par leur intermédiaire. Laissez vivre la formulation sans intervenir, sinon, ce que l’on a entendu devient intellectuel, on cherche à s’en souvenir ; or, ces phrases sont déjà mortes, la mémoire est un cimetière.

Jean Klein : Une attention ouverte

Remarquez ce geste automatique qui vous conduit à vous éloigner de vous-même. Sans pensée, sans représentation, vous êtes dans votre gloire. Libérez-vous à tout prix de ces coutumes néfastes instaurées par la société, vous agirez d’une façon positive pour la collectivité qui commence par vous-même ; mais voyez-le sur le vif, non en tant qu’idée, conviction, croyance et constatez que nous sommes toujours conditionnés par un centre, le moi.

Laisser l’intérieur agir Jean Klein

Ce silence intérieur fait accepter, aimer, comprendre ce qui se présente et que nous considérons à ce moment-là comme un cadeau. Toute perception, toute pensée est une énergie en mouvement, retournant automatiquement à son origine. Laissez donc l’objet s’épanouir, il se perdra et révélera votre conscience ultime, accueillez chaque rappel, qu’il soit sous une forme ou sous une autre, sans immixtion d’aucune sorte entre lui et votre présence.

L’accueil comme voie, entretien avec Jean Klein

Bien souvent, nous ne savons pas être ouverts, réceptifs aux pensées, aux sensations qui nous assaillent. Laissez-les venir, n’intervenez pas afin qu’elles se livrent à votre regard vierge. Cette écoute sans choix est détendue, paisible, nous voyons l’espace s’agrandir peu à peu. Hors de toute préhension, de toute mémoire. Le contenu de notre psychisme se révèle, s’actualise, nous contemplons d’une façon désintéressée nos agressions, nos fureurs, nos peurs, nos anxiétés. Tôt ou tard, elles se résorberont dans notre observation et la transformation, la transmutation se font dans cette résorption. Malheureusement, nous n’allons pas jusque-là, la personne se défend, elle n’approfondit pas complètement ces constatations, elle remet cette étude à plus tard, n’en ayant soi-disant pas le temps, sans vouloir comprendre le motif qui la guide. Cultivez l’observation, ne refusez pas une approche attentive, cet approfondissement vous rendra autonome.

Radha Burnier : Vérité et illusion

A ce propos, il est important de comprendre que les deux faces de la réalité ne peuvent pas être « expérimentées » en même temps. Une personne ne peut pas voir au même moment le même objet comme étant un serpent et une corde. Personne ne peut vivre les incidents d’un rêve et parallèlement les réalités de la conscience de veille. Le rêve doit cesser pour qu’une personne puisse avoir cette dernière conscience. Pour que la réaction change, il faut que la vision du serpent fasse place à celle de la corde. Ceux qui cherchent le spirituel ont le plus souvent l’impression qu’ils peuvent s’accrocher à toutes les choses du monde et en même temps avoir les choses spirituelles. Cela est impossible parce que la croissance en spiritualité correspond à un éveil à une nouvelle dimension de la réalité. La Voix du silence dit : « Le soi de matière et le Soi de l’esprit ne peuvent jamais se rencontrer. L’un doit disparaître, car il n’y a pas place pour les deux ».

Tran Thi Kim Diêu : La transformation de soi - Une exploration dans l'inconnu

La transformation de soi dans le mental est effective et réelle quand elle n’est plus seulement un jouet intellectuel et quand elle cesse d’être un rêve à l’état de veille. En effet, une idée, tout comme un mot, n’est pas la chose à laquelle l’idée ou le mot doit correspondre. La faculté de projection du mental – qui cause l’objectivation – peut se saisir de l’idée de la transformation de soi, comme de toute autre, pour en bâtir une théorie intellectuelle qui va lui servir de jouet…

Swami Hridayananda Sarasvati : Raja Yoga 9

Lorsque le mental est agité indûment par le contact des organes des sens avec les objets des sens, il doit se produire automatiquement, spontanément un retrait du mental et non pas à la suite d’une décision volontaire. La réaction aux objets des sens n’est pas en soi une obstruction, mais si le mental est agité et si vos pensées s’attachent continuellement à eux, cette pensée constante devient attachement. S’il y a attachement, cela signifie désir de possession, on n’est pas satisfait de simplement voir un objet, on veut un objet, on veut le posséder et comme cela n’est pas toujours possible cela agite le mental.

Swami Hridayananda Sarasvati : Raja Yoga 6

La plupart des gens commettent des erreurs plus ou moins légères, dont ils ne se rendent pas compte et qui passent inaperçues des autres. Et c’est justement à cela qu’il faut faire très attention. Il faut apprendre à être conscient de ses pensées aussi souvent que possible, tout au long de la journée. Ne pas nuire, bien sûr ! Mais ne pas nuire en actes, en pensées, en action, en paroles. En effet, nous pouvons éviter les mauvaises actions extérieures, mais en général la plupart des gens font du mal aux autres par la pensée car, bien souvent ce que nous pensons n’est pas juste. Nous devons comprendre que le mental est plein d’empreintes, d’impressions, vous avez vu de nombreuses choses qui ont laissé de nombreuses traces dans l’esprit. Et lorsque vous voyez une action similaire à celle que vous avez déjà vue, accomplie par quelqu’un, bien que la motivation à cette action puisse ne pas être celle que vous imaginez, vous attribuez la même motivation à l’action que vous voyez commettre, parce que les empreintes de votre subconscient créées à partir d’une action similaire dans le passé, surgissent…

Jean Couvrin : De l’agent publicitaire... ...au consommateur invisible

Il n’y a pas de réalité plus singulière que le sujet. Rien n’est unique comme moi-même tel que je suis pour moi-même. Notamment, à la différence des humains qui m’entourent, je n’ai visiblement pas de tête. Tout au plus m’arrive-t-il d’en dénicher une dans mon miroir: tête réduite (par un indien jivaro?), présentée sens devant derrière et située à 30 cm de moi! Douglas Harding, avec sa « Vision sans tête », nous a fait prendre conscience de ce fait banal, tellement quotidien que nous le perdons de vue la plupart du temps. Et c’est grand dommage. Rien pourtant ne nous est plus familier que ce que nous sommes; pour nous-même, à chaque seconde de notre vie: une présence invisible.