Christof Koch : L’IA peut-elle être consciente ?

Le Dr Koch soutient que, comme les ordinateurs dotés d’IA possèdent une structure à propagation avant (feed-forward) semblable fortement à celle du cervelet humain — dont on sait empiriquement qu’il n’est pas impliqué dans la conscience humaine —, nous n’avons aucune raison de nous attendre à ce que ces ordinateurs aient une vie intérieure consciente qui leur soit propre. Il étaye davantage son argument par la prédiction claire et quantifiée de la théorie de l’information intégrée (IIT), selon laquelle les systèmes à faible information intégrée, tels que les ordinateurs à silicium mettant en œuvre de grands modèles de langage, ne ressentent rien de l’intérieur.

Mike Levin : Bref argument sur l’espace platonicien : les motifs à agentivité-variable qui in-forment la physique, la biologie, l’informatique et les sciences cognitives

Cela fait un peu plus de 40 ans que je réfléchis à l’insuffisance du physicalisme et à ses implications scientifiques et personnelles. Mais je n’ai commencé à en parler publiquement qu’en 2025, car je ne voyais pas l’intérêt d’aller encombrer les rayons de philosophie et de New Age : les idées pertinentes sont anciennes, et de nombreuses personnes bien plus intelligentes que moi se sont déjà exprimées dans ce sens sans pour autant faire bouger les lignes du paradigme dominant. Ce qui a changé aujourd’hui, cependant, c’est que ces idées sont devenues plus concrètement recevables. Elles ne sont pas seulement « testables », mais capables de générer de nouveaux programmes de recherche.

Krishnamurti : Ce que l’amour n’est pas

Pouvons-nous penser à l’amour ? Nous pouvons penser à une personne, à des souvenirs qui se rapportent à elle, mais est-ce de l’amour ? L’amour est une flamme sans fumée. La fumée est tout ce que nous connaissons si bien : la fumée de la jalousie, de la colère, de la dépendance, de l’attachement, des mots « personnel » ou « impersonnel ». Nous n’avons pas la flamme, mais nous connaissons si bien tout ce qui concerne la fumée. Toutefois, il n’est possible d’avoir la flamme, que lorsque la fumée n’est pas. Cessons donc de nous préoccuper de l’amour, de savoir s’il est au delà de la pensée et de la sensation ; libérons-nous plutôt de la fumée, de la fumée de la jalousie, de l’envie, de la séparation, du chagrin, de la douleur. Et lorsque la fumée ne sera pas, alors seulement connaîtrons-nous, vivrons-nous, cela qui est la flamme.

Intelligence, ordinateurs et esprit mécanique IV. Discussion avec Krishnamurti

La pensée est un instrument usé. Je pense qu’elle a atteint ses limites, son point d’attache, car elle n’a pas résolu le problème humain. Alors, y a-t-il une façon de voir qui ne soit pas la pensée, mais qui, au lieu d’aller vers l’extérieur, vers les cieux et tout cela, se tourne vers l’intérieur ? Ce mouvement intérieur est l’infini.

R.P. Kaushik : Méditations et discussions de groupe

Ce penseur, qui est très intelligent, qui veut méditer et se débarrasser des pensées, ne peut pas réussir. La méditation est la fin du penseur, et non l’effort du penseur. Ainsi, dès que le penseur réalise la futilité de son effort, il disparaît. Le penseur n’est rien d’autre que le conflit créé par la pensée, le conflit entre deux pensées, deux souvenirs. Dès que le penseur disparaît, la pensée elle-même entre dans une dimension différente. Alors, s’il vous plaît, ne condamnez pas la pensée à tous les niveaux.

Rob Lewis : Le mystère au cœur des choses

C’est ainsi que l’environnementalisme était autrefois alimenté. On se battait pour les créatures et les lieux simplement parce que leur disparition insultait quelque chose dans l’âme. Le cœur plus que la tête disait « non, cela ne peut pas être permis », et se levait pour défendre. Mais lorsque le récit climatique a commencé à supplanter le récit environnemental, la relation a changé. Soudain, tout dépendait de « la science », et les arguments avancés l’étaient moins au nom des créatures ou des lieux eux-mêmes qu’au nom de leur utilité pour le nouveau paradigme.

Intelligence, ordinateurs et esprit mécanique I & II. Discussion avec Krishnamurti

Cela signifie que la perception est libre du savoir et que l’action ne provient pas de la perception ni du savoir. La perception du serpent, du danger, est action, mais cette perception est basée sur des siècles de conditionnement à propos du serpent. La perception que je suis hindou, qui dure depuis trois mille ans, est le même mouvement. Et nous vivons dans ce champ tout le temps. C’est cela qui est destructeur, pas la machine. À moins que cette machine qu’est l’esprit ne s’arrête — pas l’ordinateur —, nous allons nous détruire nous-mêmes.

Gary Lachman : L’Alchimie, l’absinthe et August Strindberg

Strindberg était un individu extrêmement créatif, doté d’une imagination incroyable, d’une volonté farouche et d’une capacité à encaisser des coups qui auraient détruit la plupart des gens. Comme beaucoup d’autres individus créatifs, il avait parfois accès à des potentiels jusque-là inconnus, à des pouvoirs cachés. Pourtant, pour diverses raisons, il était également en proie à un sentiment de culpabilité paralysant. Je pense personnellement que, refoulées par son dégoût perpétuel de lui-même, les énergies créatives de Strindberg se sont manifestées d’autres manières, certaines paranormales, d’autres simplement folles, et que la « persécution » qu’il endura fut l’œuvre de son propre inconscient, se rebellant contre l’abandon de sa véritable mission. Comme il l’écrivit lui-même : « Dans les grandes crises de la vie, lorsque l’existence même est menacée, l’âme atteint des pouvoirs transcendants ».

Krishnamurti : Le sens de la mort

Ainsi, l’esprit évite la mort parce qu’il ne sait pas ce qui va se passer ; en gros, il dit : « Je connais la vie ». Aussi pénible, aussi douloureuse, aussi agréable, aussi angoissante, aussi destructrice soit-elle, c’est tout ce que je connais et je m’y accroche. Je ne connais pas l’autre. Je peux spéculer, inventer, rationaliser, avoir des croyances merveilleuses à ce sujet, mais le fait est que je m’accroche à ce que je connais. Ainsi, l’esprit recherche toujours la sécurité dans les relations, dans quelque chose de permanent. L’esprit l’exige toujours, et cette sécurité se trouve dans le domaine du connu, le connu étant le savoir, l’expérience, la mémoire.