Malcolm Kendrick : La science novatrice/disruptive (deuxième partie)

Je tiens à souligner que la lumière du soleil a bien d’autres effets que la création d’oxyde nitrique et, bien sûr, de la vitamine D. La plupart sont bénéfiques. Avec autant d’avantages potentiels, pourquoi l’ère des « traitements solaires » a-t-elle sombré dans l’oubli ? Je pense que c’est presque entièrement dû à l’arrivée des antibiotiques. Toute une série d’infections terribles, qui tuaient des millions de personnes, est devenue traitable, pratiquement du jour au lendemain. La lumière du soleil n’était plus nécessaire, du moins en apparence. Nous avions une nouvelle solution. Plus rapide et plus efficace.

Krishnamurti : L’esprit peut-il être libre de tout conditionnement ?

L’esprit est donc conditionné dans son intégralité, il n’y a aucune partie de l’esprit qui ne soit conditionnée. Un tel esprit peut-il se libérer lui-même ? Et qui est l’entité qui peut le libérer ? L’esprit est la conscience totale, avec toutes ses différentes couches de connaissances, d’acquis, de traditions, d’instincts raciaux, de mémoire. Un tel esprit peut-il se libérer lui-même, ou l’esprit ne peut-il être libre que lorsqu’il voit qu’il est conditionné et que tout mouvement hors de ce conditionnement n’est qu’une autre forme de conditionnement ?

Krishnamurti : L’observateur et l’observé

Lorsque je construis une image de vous — ou de n’importe quoi — j’ai la faculté de l’observer. Il y a donc l’image et son observateur. Je vois, par exemple, quelqu’un avec une chemise rouge et ma réaction immédiate est qu’elle me plaît ou qu’elle me déplaît. Ce plaire et déplaire est le résultat de ma culture, de mon éducation, de mes associations, de mes inclinations, de mes caractéristiques acquises ou héritées. C’est de ce centre que j’observe et que j’émets mes jugements, et c’est ainsi que l’observateur se sépare de ce qu’il observe. Mais l’observateur est conscient de plus que d’une seule image : il en crée des milliers. Toutefois, en diffère-t-il ? N’est-il pas, lui-même, une autre image ?

Insights sur la régénération III. Discussion avec Krishnamurti

L’amour implique bien davantage que le mot. Il implique une grande beauté. Il ne réside pas dans la femme que j’aime, mais dans le sentiment même d’aimer, ce qui implique une relation avec la nature, l’amour des étoiles, de la terre, des pierres, du chien errant, de tout cela, et aussi l’amour de ma femme. Si vous le réduisez au désir et à la sensation, si vous l’appelez un mouvement biologique, alors cela devient une affaire sordide. Votre femme vous traite, et vous la traitez, comme une nécessité biologique. Est-ce cela, l’amour ? Je demande donc : le désir, le plaisir, est-ce l’amour ? Le confort sexuel est-ce l’amour ?

Insights sur la régénération II. Discussion avec Krishnamurti

Maintenant, la connaissance de soi est-elle le facteur central de la régénération ? Si tel est le cas, alors comment puis-je me connaître — sachant que le mot n’est pas la chose, que la description n’est pas la chose décrite ? S’il n’y a pas de verbalisation, que se passe-t-il ensuite ? Vous avez éliminé, si vous ne verbalisez pas, tout le domaine de la morale, de l’éthique. Pour nous les mots sont devenus très importants. Prenez le mot violence ; si je n’emploie pas ce mot et que je suis libre de la verbalisation avec toute sa signification, que reste-t-il ?

Insights sur la régénération I. Discussion avec Krishnamurti

Quelle est la relation entre la conscience et la pensée ? Quel est le commencement de la pensée ? Comment cela vient-il à l’existence ? Quelle est la source d’où jaillit la pensée ? Il y a perception, sensation, contact, puis la pensée, le désir et l’imagination interviennent. C’est l’origine du désir. Est-ce donc là l’origine de la pensée, le commencement de la pensée, le mouvement de la pensée ?

Gary Lachman : Maurice Nicoll : La psychologie de la quatrième voie de Gurdjieff et Ouspensky

la Quatrième Voie est un terme que Gurdjieff a dit à Ouspensky qu’il pouvait utiliser pour désigner le système qu’il enseignait. L’idée était qu’il existe trois voies traditionnelles. Ce sont des voies de développement du monde intérieur et de la vie spirituelle. L’une d’elles est la voie du fakir, qui est physique, corporelle. C’est donc celui qui s’allonge sur un lit de clous ou reste debout dans la même position pendant des heures, ou encore quelqu’un qui, aujourd’hui, passerait un temps démesuré à la salle de sport ou dans un cours de yoga à pratiquer certaines asanas. Ils développent leur corps, développent la voie physique pour transcender leur conscience quotidienne. Il y a ensuite la voie du moine, qui est la voie émotionnelle, la voie de la révérence et de l’amour envers une figure divine, une divinité….

Gary Lachman : La vision de W. B. Yeats

Néanmoins, Yeats découvrit que ce qui émergeait de ces états de semi-transe semblait correspondre à une idée qu’il avait avancée dans Per Amica Silentia Lunae : que certains hommes se développent à travers leurs combats contre eux-mêmes, d’autres à travers leurs combats contre le monde — ce que Jung aurait appelé les voies « introvertie » ou « extravertie ». Les esprits reprirent cette notion et développèrent à partir de là « une classification élaborée des hommes » en fonction de leur type. Cette classification élaborée devint finalement l’une des tentatives les plus fascinantes, voire déroutantes, de création d’un système de connaissances ésotériques à l’époque moderne. C’est ce que Yeats exposa dans son ouvrage, simplement intitulé A Vision.

Krishnamurti : Rien n’est un problème à moins que vous n’en fassiez un

Vous regardez une fleur sur le bord de la route, vous la regardez là, vous voyez sa beauté, la tranquille condition de son existence, sa couleur, vous en respirez le parfum. Et, simplement, vous regardez et vous passez. Regardons exactement de la même manière le mouvement de notre vie durant les heures de veille, exactement ainsi, sans désirer résoudre aucune de ses complexités, aucune des questions qui sont en cause durant notre journée.

Malcom Kendrick : Science novatrice/disruptive – première partie

Prenons par exemple l’hypertension artérielle. Quelle en est la cause ? Chez 95 % des patients, nous n’en avons aucune idée. Nous ne le savions pas à l’époque, et nous ne le savons toujours pas. Nous appelons toujours cela « essentiellement hypertension », ce qui signifie — en clair — une pression artérielle élevée sans cause connue. Et la stratégie proposée alors, comme aujourd’hui, est… la faire baisser. Voilà. Problème résolu. Et on appelle ça du progrès ? Hum… (ma foi). Aucune innovation ici… vérifié.