Krishnamurti : Le sens de la mort

Ainsi, l’esprit évite la mort parce qu’il ne sait pas ce qui va se passer ; en gros, il dit : « Je connais la vie ». Aussi pénible, aussi douloureuse, aussi agréable, aussi angoissante, aussi destructrice soit-elle, c’est tout ce que je connais et je m’y accroche. Je ne connais pas l’autre. Je peux spéculer, inventer, rationaliser, avoir des croyances merveilleuses à ce sujet, mais le fait est que je m’accroche à ce que je connais. Ainsi, l’esprit recherche toujours la sécurité dans les relations, dans quelque chose de permanent. L’esprit l’exige toujours, et cette sécurité se trouve dans le domaine du connu, le connu étant le savoir, l’expérience, la mémoire.

Krishnamurti : L’observateur et l’observé

Lorsque je construis une image de vous — ou de n’importe quoi — j’ai la faculté de l’observer. Il y a donc l’image et son observateur. Je vois, par exemple, quelqu’un avec une chemise rouge et ma réaction immédiate est qu’elle me plaît ou qu’elle me déplaît. Ce plaire et déplaire est le résultat de ma culture, de mon éducation, de mes associations, de mes inclinations, de mes caractéristiques acquises ou héritées. C’est de ce centre que j’observe et que j’émets mes jugements, et c’est ainsi que l’observateur se sépare de ce qu’il observe. Mais l’observateur est conscient de plus que d’une seule image : il en crée des milliers. Toutefois, en diffère-t-il ? N’est-il pas, lui-même, une autre image ?

Robert Waldinger : La poursuite spirituelle qui vous maintient prisonnier de la souffrance

La plupart d’entre nous avons l’impression qu’il nous reste beaucoup de chemin à parcourir sur la voie du développement personnel. Nous voulons devenir plus calmes, plus sages, plus accomplis. Et si cette quête nous empêchait justement de le devenir ? L’enseignant zen et psychiatre Robert Waldinger soutient que l’illumination n’est ni une destination ni un état mystique rare. C’est plutôt la reconnaissance en perpétuel mouvement du moment présent. Cette observation silencieuse peut être extrêmement libératrice, nous affranchissant de la pression du devenir.

Michael Mendizza : Les limites de la pensée et de la connaissance

Un bref résumé de la recherche de vingt-cinq ans de David Bohm Nous faisons face à un effondrement de l’ordre social général et des valeurs humaines qui menace la stabilité du monde entier. Les connaissances existantes ne peuvent pas relever ce défi. Il faut quelque chose de beaucoup plus profond — une approche entièrement nouvelle. […]

Pierre-Alain Bruchez : Sauver la science dont nous avons crucialement besoin

La crise de la science qui mine la recherche est largement sous-estimée, en grande partie parce que les résultats non reproductibles, les biais idéologiques, les conflits d’intérêts et la fraude sont généralement discutés isolément — sans reconnaître leur impact cumulatif et leurs racines communes. Les scientifiques seuls ne peuvent à eux seuls résoudre ce problème. La vigilance des citoyens est essentielle. Mais d’abord, les citoyens doivent en être informés.

La nature de la vie religieuse III. Discussion avec Krishnamurti

La pensée peut-elle être arrêtée, et qui va l’arrêter ? S’il existe une entité capable de l’arrêter, cette entité est soit extérieure au champ de la pensée, soit créée par la pensée elle-même. Je suis un acteur extérieur et je vais l’arrêter. Si cet acteur est extérieur — le ciel, Dieu ou autre — alors cet acteur extérieur est créé par la pensée. Notre problème est donc le suivant : la pensée peut-elle se rendre compte qu’elle est limitée et, étant limitée, se restreindre à une certaine activité dans la vie quotidienne ?

R.P. Kaushik : L’origine de la pensée

Ce moi, ce penseur, n’a donc rien de noble ni de merveilleux ; ce n’est qu’une pensée limitée. Mais, dès que la pensée se préoccupe de sa propre survie, celle du penseur ou de l’âme, le chaos et la confusion commencent. Certains s’investissent dans leurs enfants, d’autres dans leur église ou leur temple, d’autres dans leur pays, d’autres encore dans des credo, comme le communisme ou le fascisme. Soit vous mourez pour vos enfants, soit vous mourez pour votre pays ou votre religion, et alors vous aurez la vie éternelle. La pensée est si rusée ; elle ne meurt que pour survivre. L’aspect le plus dénué d’intelligence de la pensée est qu’elle détruira le corps pour survivre elle-même.

Krishnamurti : L’observateur est le mouvement du passé

Ainsi, il y a en nous-mêmes, cette division, l’observateur et l’observé, qui est dualistique. Vous suivez ? Et nous sommes conditionnés par l’éducation, la culture, et tout ce qui s’en suit, par la religion, la prétendue religion, à maintenir cette division, pour voir Dieu. Vous n’êtes rien. Vous suivez ? À maintenir toute cette division, qui est le corridor des opposés. Et quand il y a ce corridor des opposés, il doit y avoir conflit, effort, entraînement. Donc, il est absolument nécessaire de comprendre qu’il faut qu’il y ait seulement observation, non l’observateur essayant de contrôler, d’avoir la haute main sur l’observation, sur ce qui est observé.

Michael Mendizza : « C’est tellement simple »

Il est relativement simple de voir comment la perception primaire, l’expérience de notre corps en mouvement et en interaction avec l’environnement, génère l’apparence ou le sentiment qu’il y a un « moi » séparé à l’intérieur, qui ressent et fait tout. Cette impression a été créée par la formidable puissance de traitement du néocortex. Tout comme nous avons accepté et nous nous sommes identifiés à notre expérience sensorielle et à nos sentiments émotionnels intérieurs subjectifs, nous avons accepté et nous nous sommes identifiés à l’image-pensée abstraite d’un « moi », en ignorant que ce « moi » n’est qu’une image.

Mattias Desmet : La grande conspiration (sioniste)

Au fond, le problème mondial ne réside donc pas tant dans un petit groupe de personnes que dans un certain « programme » sur lequel l’humanité fonctionne. Ce « programme » est le matérialisme et le rationalisme, une vision du monde qui dit à l’humanité qu’il n’existe rien d’autre que de la matière — des petites billes mortes qui s’entrechoquent — et que le but suprême de l’humanité est de survivre. Ou, à l’inverse, se suicider directement — c’est aussi une conclusion possible. Dans tous les cas, il n’est pas nécessaire de tenir compte de l’éthique ni de l’humanité ; elles n’existent pas dans cet univers de pierres et de cailloux…